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mercredi 29 novembre 2017

LA SCAPÊCHE VEUT POURSUIVRE SA DIVERSIFICATION

Alors qu’on inaugurait ce week-end à Lorient Keroman le Naoned, navire du tout nouvel armement Scapak, nous sommes allés à la rencontre du directeur de la Scapêche, Jean-Pierre Le Visage. Petit tour d’horizon de l’actualité du premier armateur lorientais.




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Quel premier bilan tirez-vous de cette année 2017 qui s’achève ?

L’année semble un peu moins bonne que l’année dernière. Les cours ont été moins soutenus et le gazole a légèrement remonté. Nous avons eu également pas mal d’arrêts techniques pendant l’hiver et les bateaux ont donc moins pêché. Mais tout cela reste très relatif et le niveau des captures est globalement satisfaisant. Si l’on fait une rapide rétrospective de l’année, on peut dire qu’elle n’est pas si mauvaise.

Avez-vous connu des phénomènes marquants, des problèmes météo?

Nous avons connu une forte rupture au mois d’aout sans que l’on comprenne vraiment à quoi cela était dû. Les captures se sont subitement écroulées. En fait, on a du mal à retrouver des cycles réguliers. Les années sont de plus en plus atypiques. Actuellement, les bolincheurs débarquent des volumes très importants de sardines, jusqu’à 180 tonnes par jour, alors que la pleine saison est censée se dérouler pendant l’été !

Vous avez une idée de la cause de ce phénomène ?

Comme tout le monde, je vais dire que cela est dû au réchauffement climatique. En tout cas, c’est un constat clair : il y aujourd’hui moins de saisonnalité et les zones de pêche se déplacent. C’est le cas pour la campagne de thon qui s’est déroulée une nouvelle fois très au sud cette année, avec une proportion étonnante de patudo (thon obèse, ndlr).

Vous avez inauguré ce week-end le Naoned, nouveau venu de la flottille lorientaise, acheté en coopération avec l’armement à la pêche artisanale de Keroman (Apak). Est-ce une nouvelle orientation pour le groupe ?

Nous avons effectivement participé à l’acquisition du Naoned en créant avec l’Apak un nouvel armement baptisé Scapak. Deux bateaux viennent également d’être mis à l’eau à Boulogne sur ce même principe de coopération avec des pêcheurs artisans. C’est l’un de nos axes de développement pour les années à venir. Nous aidons ainsi au renouvellement de la flotte en apportant un coup de pouce financier aux artisans qui, seuls, ne pourraient pas faire de telles acquisitions.

Vous aviez annoncé en 2015 une diversification de votre flottille et de vos métiers. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis le 1er janvier une nouvelle réglementation européenne interdit de chaluter en dessous de 800 mètres. Nous nous étions déjà imposé cette limite basse depuis deux ans. Notre objectif vise aujourd’hui à nous diversifier en augmentant d’abord l’éventail de nos métiers, puis celui des espèces ciblées. Actuellement, sur Lorient, nous avons six navires qui travaillent en Ouest Ecosse. Deux qui ciblent plus particulièrement la lotte sur des fonds de 400 à 500 mètres dans le suroit de l’Irlande. Un palangrier, l’Heliotrope, qui travaille plus spécifiquement le merlu sur toute la façade Ouest. Quatre bolincheurs qui sont actuellement sur la sardine. Si l’on ajoute notre palangrier basé à la Réunion et les 8 autres navires du Guilvinec, dont deux caseyeurs, cela nous donne une flottille de 22 navires qui nous permet une pêche très diversifiée.

L’avenir semble donc plutôt favorable pour la Scapêche ?

On vient de vivre cette année, sur Lorient, Boulogne et au Guilvinec, l’arrivée de 4 nouveaux bateaux. C’est un signe. Cela laisse espérer un renouvellement progressif de la flottille avec des bateaux de plus en plus polyvalents qui vont permettre, là encore, de diversifier les métiers et les espèces ciblées. La ressource est là. Il y a du boulot pour tout le monde, et plutôt bien payé, même si nous avons quelques difficultés à recruter. La période que nous vivons invite effectivement plutôt à l’optimisme.