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mercredi 15 avril 2020

FACE AUX CONSÉQUENCES DU CONFINEMENT LA FILIÈRE S’ORGANISE

En pleine crise du Coronavirus, les semaines se suivent et se ressemblent au port de Lorient Keroman. Malgré une baisse d’activité de 40%, la filière s’organise pour continuer à fonctionner. Des réunions bi-hebdomadaires en audioconférence sont organisées pour cela.




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C’est un rendez-vous devenu traditionnel depuis le début du confinement mis en place le 17 mars dernier. Chaque mardi et jeudi après-midi, les acteurs portuaires de Lorient Keroman se retrouvent pour une audioconférence. Au total, ils sont une quinzaine* à participer à cette réunion virtuelle : représentants de l’État, du port, des pêcheurs et des armateurs, des mareyeurs, des poissonniers, de la grande distribution, de la réparation navale et un représentant bancaire. L’occasion de faire le point sur la situation, de partager des informations, d’exprimer des points de vue, de poser des questions. En pleine crise de Coronavirus, les sujets ne manquent pas. « On parle de problèmes sanitaires, de protection des employés, de mise en place de mesures de confinement à bord des bateaux, de la situation économique des entreprises, des aides auxquelles certaines ont droit, de l’état général du marché », explique Jean-Paul Solaro, président de la Sem Lorient Keroman, entreprise qui gère le port. Les échanges permettent de mieux connaître les attentes des uns et des autres, d’anticiper les besoins, de réguler les apports, mais aussi d’évoquer certains désaccords. « C’est bien de pouvoir évoquer ces points de tension tous ensemble. Ca permet de les faire baisser et de plus rapidement les digérer », confie le responsable.

Des signes encourageants

L’intérêt de ces rencontres virtuelles est salué par tous. « Nous avons de la chance en ce moment à Lorient d’avoir une filière qui se parle beaucoup, qui s’écoute. Finalement, grâce à la crise, on s’entend et on se comprend mieux », souligne de son côté Dominique Ciaravola, représentant de l’OPAM-b (organisation des premiers acheteurs du Morbihan). Parmi les inquiétudes qui reviennent régulièrement sur la table, il y a la question des masques et des tests de dépistage. Par chance, la Sem Lorient Keroman est tombée par hasard sur un stock de plusieurs milliers de masques datant de 2009, époque de la grippe H1N1. Elle en a distribué aux acteurs portuaires qui le demandaient et les met chaque matin à disposition des acheteurs qui entrent dans la criée. Mais le stock ne devrait pas être éternel, surtout si le port du masque devient obligatoire d’ici peu. « Nous sommes en attente d’une nouvelle commande effectuée par France Filière Pêche », indique Jean-Paul Solaro. Quant aux tests de dépistage, que réclament notamment les pêcheurs, ils ne sont pas encore arrivés à Keroman, même si la filière halieutique a été jugée prioritaire au niveau régional. En attendant de les recevoir, les professionnels continuent à se mobiliser pour faire tourner au maximum l’activité du premier port de pêche français. Si la baisse globale de l’activité du pôle halieutique depuis le début du confinement est estimée à 40%, certains signes encourageants laissent espérer des jours meilleurs. « Nous n’avons évidemment aucune statistique précise, mais il semble y avoir une tendance à la reprise qui reste à être confirmée", se félicite Jean-Paul Solaro.

* Liste des participants : Sem Lorient Keroman, GPAL (groupement des pêcheurs artisans lorientais), APAK (armement à la pêche artisanale de Keroman), Scapêche (armement d’Intermarché), Comité des Pêches du Morbihan, organisation de producteurs Les Pêcheurs de Bretagne, représentant des armements franco espagnols, Top Atlantique et Moulin Marée en tant que représentants des mareyeurs OPAM-b (organisation des premiers acheteurs du Morbihan), Direction Départementale des Territoires et de la Mer (anciennement les affaires maritimes), IPL (interprofession de Lorient, crédit maritime