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mercredi 11 septembre 2019

RÉFLEXION SUR LA GESTION DES DÉCHETS AU PORT DE LORIENT

A l’invitation du député Jimmy Pahun, les représentants de la filière halieutique se sont réunis au port de pêche de Lorient pour un temps d’échange et de réflexion sur la problématique de réduction des déchets. L’endroit n’était pas choisi au hasard. A Keroman, le taux de recyclage des déchets atteint aujourd’hui 70%.




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« J’ai commencé ma carrière ici, entre 17 et 19 ans. A l’époque, j’étais matelot sur un ligneur de Locmiquelic. On venait tous les jours débarquer notre pêche à Keroman ». Retour aux sources en quelque sorte pour Jimmy Pahun qui organisait la semaine dernière, au port de pêche de Lorient, une réunion avec les professionnels de la filière halieutique. L’ancien mousse, aujourd’hui député Modem de la 2ème circonscription du Morbihan, n’était pas venu là pour parler de ses souvenirs de jeunesse mais pour « mieux comprendre ce qui se fait aujourd’hui en matière de gestion des déchets dans le domaine de la pêche et des cultures marines ». Organisée dans le cadre d’un projet de loi visant à lutter contre le gaspillage et à promouvoir l’économie circulaire, et dont le vote est prévu à l’automne, la réunion a rassemblé une quinzaine de personnes : représentants du port, ostréiculteurs, pêcheurs, mareyeurs, universitaires, responsables d’associations…

75 tonnes de filets récupérées

Comment réduire les déchets ? Comment améliorer leur collecte ? Peut-on mettre en place une filière de recyclage des filets usagés ? Comment réduire l’impact des trémails perdus en mer et qui continuent de pêcher sur le fond ? Peut-on se passer de plastique dans la fabrication des engins de pêche ? Faut-il interdire les caisses en polystyrène ? Autant de questions qui n’ont souvent pas de réponses, mais qui préoccupent depuis longtemps l’ensemble de la filière. « Aujourd’hui, tout ce qui est consommé à bord et tous les déchets qu’on récupère en mer sont ramenés à terre. Les mentalités ont beaucoup changé. La volonté est là. Même s’il reste encore sans doute beaucoup à faire », témoigne Eric Guygniec, directeur de l’armement de la pêche artisanale de Keroman (APAK). Autre exemple des efforts entrepris ces dernières années par les professionnels de la filière : le port de Lorient Keroman, qui a mis en place depuis 2016 une véritable politique de collecte des déchets. Chaque année, 75 tonnes de filets y sont récupérées (dont 25 sont recyclées), auxquels s’ajoutent 50 tonnes de ferraille, 63 tonnes de bois, 37 tonnes de plastique et 85 tonnes de caisses en polystyrène directement traitées sur place dans une unité de compactage. « Aujourd’hui, nous atteignons un taux de recyclage de 70% », indique Jean-Paul Solaro, président de la Sem Lorient Keroman, entreprise gestionnaire du port. Avant d’ajouter : « Nous ne sommes pas là pour donner des leçons. Il faut qu’on continue à mettre en place des outils et à offrir des solutions aux professionnels pour aller encore plus loin ». La réflexion ne fait que commencer.