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mercredi 13 septembre 2017

MOINS DE KILOWATTS POUR PLUS DE FROID

Grand producteur de froid, le port de Lorient Keroman consomme beaucoup d'énergie pour produire de la glace et maintenir ses équipements à bonne température. Une étude est en cours pour apporter des solutions afin d’optimiser la production. Et mieux protéger l’environnement.




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Six millions de kilowatt-heure, l'équivalent de la consommation en eau chaude et en chauffage d'une petite ville de 511 familles. Voilà ce que consomme chaque année le port de pêche de Lorient Keroman. Une énergie qui sert principalement à produire du froid. Du froid pour les installations frigorifiques. Et encore du froid pour la fabrication de la glace. Les sources de lumières consomment aussi mais dans une moindre mesure. « Face à cette dépense, il nous est apparu indispensable de faire des économies, tant sur le plan financier qu'environnemental, d'autant que des nouvelles normes vont bientôt entrer en vigueur » explique Anouck Le Crann, (Responsable Qualité Hygiène, Sécurité, Environnement de la SEM Lorient-Keroman). Une étude a donc été lancée pour tenter d'optimiser au maximum la consommation du port. Mené par Utilities Performance, bureau d'études spécialisé dans la performance énergétique, ce travail de longue haleine est subventionné par l'ADEME, en étroite collaboration avec Lorient Agglomération et le soutien de la région Bretagne. Il devrait se clôturer en janvier 2018. « Il faut dans un premier temps analyser les équipements et déterminer s'ils sont en adéquation avec les besoins. Au fur et à mesure que l'étude avance, nous travaillons sur plusieurs scénarios d'aménagement. Ceux-ci devront être validés avant de démarrer les travaux  », précise Marc Poitrenaud, responsable technique de la SEM Lorient Keroman.

10 tonnes de glaces pour un seul chalutier

Les zones de criée affichent 6° à 8° en périodes de travail. Les zones de stockage de 0° à 2°. Lorsque l'on sait qu'une criée peut représenter une surface de 2000 m², on imagine l'énergie consommée. « Nous travaillons sur l'isolation bien sûr, mais aussi sur les ouvertures. Il est possible par exemple d'installer des rideaux d'air devant les portes pour empêcher le froid de s'échapper. Nous réfléchissons également à l'amélioration des pompes et des compresseurs. On doit pouvoir ainsi récupérer une partie de la chaleur des installations qui fabriquent du froid pour produire de l'eau chaude pour les locaux sociaux comme les douches, les lavabos et améliorer le confort des usagers » développe Marc Poitrenaud. Constat identique quant à la production de glace. Car il faut beaucoup d'énergie pour produire les 8781 tonnes de glace livrées l'année dernière par le port. A lui seul, un chalutier embarque facilement 10 tonnes de glace avant un départ pour pêcher le thon. Une production qui se doit de satisfaire en direct les clients, qu'ils soient pêcheurs, mareyeurs, poissonniers, et même parfois les producteurs industriels de légumes ou de viande. « Il existe sur le site 7 salles des machines dédiées au froid et à la glace. Il nous faudra, c'est sûr, optimiser la production mais aussi la distribution » souligne Marc Poitrenaud. Le port de Keroman est vaste, 55 hectares, et ses clients sont très dispersés. « Il faut parfois faire 1 kilomètre avec un engin pour aller chercher de la glace. Nous avons deux silos de stockage, il va falloir réfléchir à comment mieux les positionner pour mieux satisfaire les clients » note le responsable technique. « La réglementation a beaucoup évolué sur les fluides frigorifiques. Ce sont des gaz à effet de serre, ils vont être interdits progressivement. A nous d'anticiper », conclut Anouck Le Crann.