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mercredi 06 décembre 2017

LES MARINS PÊCHEURS MONTENT À BRUXELLES

Emmenée par le comité départemental des pêches, une vingtaine de pêcheurs lorientais s’est rendue la semaine dernière à Bruxelles. Un déplacement destiné à mieux comprendre le fonctionnement de l’Union Européenne et échanger avec ses représentants.




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Ils sont montés à Bruxelles sans fumigènes, ni banderoles. L’idée n’était pas de venir faire pression pour négocier les prochains quotas qui doivent être discutés d’ici la fin de l’année, mais plutôt d’échanger entre professionnels de la filière maritime d’un côté, et élus et techniciens de l’autre. A l’initiative du Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Élevages Marins (CDPMEM) du Morbihan, une délégation de 37 personnes, dont  une vingtaine de marins pêcheurs lorientais, s’est donc rendue la semaine dernière au cœur de la Commission européenne. Un aller-retour express, mené tambour battant, mais jugé « très enrichissant », par tous les participants. « Aujourd’hui, l’essentiel de la réglementation des pêches est adopté par l’Union européenne, explique Jean Piel, chargé de communication au CDPMEM. L’idée du voyage était donc d’abord de comprendre comment fonctionne cette « machine », quels sont ses acteurs, son organisation, ses pouvoirs…. C’était aussi l’occasion pour les professionnels du Morbihan de faire connaître leurs revendications et leurs attentes ». La matinée a démarré par un premier échange avec les représentants de la délégation Bretagne à Bruxelles. « Ils nous ont fait passer deux messages, poursuit Jean Piel. Le premier, c’est que les lobbys environnementaux sont ultra puissants et qu’ils disposent de moyens que nous n’aurons jamais. Le second, c’est que la politique commune de la pêche est aujourd’hui gérée de façon beaucoup plus technique, pragmatique, et moins idéologique qu’auparavant ».

La pêche, un sujet sensible

La discussion s’est poursuivie avec un diplomate de la représentation permanente de la France auprès de l’Union Européenne. « Il nous a fait comprendre que la pêche n’était pas simplement une variable d’ajustement mais un sujet sensible, dont le poids politique est supérieur au poids économique, ce qui est plutôt une bonne nouvelle ». En retour, la délégation a pu faire passer quelques messages, notamment sur la mise en place de quotas pluriannuels (plutôt qu’annuels), « ce qui permettrait aux marins pêcheurs d’avoir une meilleure visibilité sur leur avenir ». L’après midi, les échanges ont été un peu plus compliqués avec deux hauts fonctionnaires de la commission européenne. Entre une vision de la pêche basée presque uniquement sur des statistiques et l’expérience du terrain, « on a senti que les deux parties ne parlaient pas le même langage », constate Jean Piel. Pour autant, « les pêcheurs ont eu l’occasion de s’exprimer et de défendre leur point de vue », se félicite-t-il. La visite à Bruxelles s’est achevée par une rencontre avec deux eurodéputés membres de la commission pêche, Isabelle Thomas et Alain Cadec. Entretien pendant lequel il a encore été question de lobbying et de stratégie. Ainsi se négocient les dossiers dans les couloirs de Bruxelles. Une réalité qu’il vaut, effectivement, mieux connaître pour défendre ses intérêts.